Avant d’appeler : ce que vous cherchez
Un cabinet n’est pas interchangeable, et la distance n’est pas le bon critère pour une rééducation qui en demande dix ou vingt. Deux questions à trancher chez soi avant de composer un numéro.
Est-ce un motif spécialisé ? Périnée, lymphœdème, vertige, pédiatrie, neurologie lourde, retour à un sport précis : dans ces cas, cherchez d’abord la compétence, ensuite les trente minutes de trajet. Les filtres par spécialité de l’annuaire servent à ça.
Avez-vous une ordonnance ? Sans elle, pas de remboursement par la base. Trois cabinets genevois de notre annuaire précisent que les séances se font sur prescription médicale, et l’un d’eux demande d’apporter l’ordonnance avec la carte d’assurance : sans ordonnance, vous payez. Nous n’avons trouvé aucun cabinet genevois écrivant recevoir sans ordonnance et facturer à la LAMal, et pour cause : ce n’est pas possible.
Les six questions au téléphone
Elles se posent en deux minutes et elles trient mieux l’offre que n’importe quel classement.
- « Qui va me prendre en charge ? » Dans un cabinet de groupe, vous pouvez tomber sur un stagiaire, un praticien junior, ou la personne dont vous avez lu la fiche. Demandez le prénom et l’ancienneté dans le motif qui vous amène.
- « Vous traitez souvent ce problème ? » La question dérange, elle devrait pas. Un cabinet qui annonce vingt spécialités en traite rarement vingt régulièrement.
- « Combien de séances prévoyez-vous, et comment saurez-vous que ça ne fonctionne pas ? » Une réponse honnête donne un horizon et un critère. « On verra bien » n’en donne aucun.
- « Allez-vous me donner des exercices à faire entre les séances ? » Oui doit être la réponse, quel que soit le motif. C’est le levier le mieux documenté de la rééducation.
- « Est-ce que vous êtes admis à charge de l’assurance de base ? » La question règle le remboursement. Vérifiez ensuite le praticien sur le registre fédéral.
- « Et si je dois annuler ? » Certains cabinets facturent les rendez-vous manqués. Connaître la règle avant évite une surprise sur un décompte.
Ce que doit contenir la première séance
Une première séance sérieuse n’est pas un traitement, c’est une évaluation. Quatre choses que l’on doit vous demander, dans un ordre ou dans un autre.
Votre histoire
Depuis quand, quoi exactement, ce qui aggrave, ce qui soulage, ce que vous avez déjà essayé, ce que vous faites comme travail et comme sport. Les antécédents comptent, y compris hors du membre douloureux.
Les signes qui ne promettent rien de bon
Force, sensibilité, réflexes, fièvre, perte de poids, troubles sphinctériens. Un praticien qui ne cherche pas ces signes-là est un motif de s’inquiéter, pas de rassurer.
Une mesure de votre fonction
Amplitude, force, équilibre, distance parcourue, score de douleur. Pas pour la beauté du chiffre : sans point de départ, personne ne peut dire si ça va mieux à la sixième séance.
Un plan écrit
Nombre de séances envisagées, ce que vous faites chez vous entre-temps, et à quel moment on revoit le médecin si rien ne bouge.
Les signaux qui font changer de praticien
Nous n’avons trouvé aucune enquête suisse sur l’insatisfaction en physiothérapie, donc pas de statistique à vous donner ici. Ces six signaux, en revanche, sont objectifs et vérifiables par vous.
- Vous ne savez pas qui vous suit d’une séance à l’autre et cela n’est jamais dit.
- Aucun exercice à faire entre les séances, ou les mêmes depuis le premier jour sans adaptation.
- Aucune réévaluation : on ne vous repose jamais les questions du premier jour.
- On vous affirme un diagnostic précis sans imagerie ni avis médical, et on vous promet une guérison en un nombre fixe de séances.
- On vous vend un forfait de vingt séances à payer d’avance comme condition de prise en charge.
- Après six à huit semaines de séances régulières, rien n’a bougé sur ce que vous vouliez retrouver, et personne ne propose de réorienter.
Changer de cabinet n’est pas une trahison. L’ordonnance ne vous attache à personne, et le dossier de séances que le premier praticien vous remet sert au second.
Quand consulter un médecin avant tout
- Une faiblesse qui progresse dans un bras ou une jambe.
- Des troubles de la marche ou de l’équilibre apparus récemment.
- Des fourmillements qui persistent la nuit.
- Une perte de sensibilité autour du bassin ou des reins.
- Des troubles urinaires ou intestinaux récents.
- Une douleur qui réveille la nuit et ne cède à aucune position.
- De la fièvre associée à la douleur.
- Une chute ou un accident dans les jours qui précèdent.
- Une perte de poids inexpliquée.
- Des antécédents de cancer.
Le test d’orientation de ce portail repose sur cette liste : cochez l’un de ces signes et il ne vous propose aucun cabinet.
Vos droits : libre choix, décompte, contestation
Vous choisissez votre praticien
L’ordonnance médicale n’attache à aucun cabinet, sauf modèle particulier de réseau de soins. Vous pouvez changer à tout moment.
Le décompte vient du physiothérapeute
C’est lui qui facture à la caisse, pas votre médecin. Vous recevez le décompte une fois franchise et quote-part atteintes ou non selon votre contrat.
Au-delà de 36 séances, un dossier
Votre médecin doit adresser un rapport au médecin-conseil de l’assurance, et l’assureur doit donner un accord exprès. Un refus doit être motivé par écrit, donc il se conteste.
Vous pouvez vérifier l’autorisation
Le registre fédéral des professions de la santé est public, et cherche par personne, profession, canton et statut.
À domicile, en institution, ou en cabinet
Trois formats, trois usages. Dans notre annuaire genevois, 2 cabinets déclarent se déplacer à domicile, et deux services hospitaliers proposent de la rééducation en ambulatoire.
Le cabinet
Accès au plateau technique, aux autres praticiens, et à une salle d’exercice. C’est le bon format dès qu’il faut du matériel ou un suivi de charge.
Le domicile
Pour une personne qui ne se déplace plus, après une fracture du col fémoral, en gériatrie, ou en fin de traitement. Le revers : pas d’appareil, et un praticien seul.
L’institution
Après une opération lourde, un accident, un AVC : plusieurs heures de soin par jour, plusieurs métiers. Ce n’est pas un cabinet en plus grand, c’est un autre régime de prise en charge. Voir le comparatif des structures.
Un conseil qui manque ?
Cette page s’enrichit des retours de patients et de praticiens. Si une question mérite d’être posée au téléphone et ne figure pas ici, dites-le nous.
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