Le constat, sans détour
Ce n’est pas un hasard d’inattention. Trois raisons s’additionnent. Les cabinets ne sont pas tenus de déclarer leurs délais. L’assurance obligatoire ne pilote pas l’accès, elle rembourse après coup, séance après séance. Et surtout, le système ne connaît pas de liste d’attente centralisée : chacun appelle où il veut, ce qui rend l’agrégation difficile même pour celui qui voudrait la produire.
Un élément change toutefois depuis peu. Physioswiss a annoncé le 20 août 2026 un projet pilote sur l’accès direct à la physiothérapie, et la mesure des délais d’attente fait partie des données que le projet doit produire. C’est la première fois, à notre connaissance, qu’une instance professionnelle suisse s’engage à les documenter. Nous mettrons cette page à jour dès que des chiffres seront publiés.
En attendant, la seule donnée dont dispose un patient est le calendrier qu’un secrétariat lui annonce au téléphone. Cette page ne peut pas combler ça, et nous préférons l’écrire plutôt que d’inventer un « délai moyen de trois semaines » que personne ne publie.
Ce que l’on sait malgré tout
Trois éléments indirects, sourcés, disent quelque chose de l’accès.
- Le pays forme moins que ses besoins. Les filières HES ne couvrent qu’environ 50 % des besoins nationaux, pour quelque 650 candidatures par an. Une offre structurellement courte produit mécaniquement des agendas pleins.
- La profession se dit peu attractive. Enquête Physioswiss du 3 novembre 2025, 1’112 répondants : 64,9 % jugent la profession peu attractive, 69,5 % estiment qu’on ne forme pas assez, avec les salaires comme première cause. Un départ précoce de la profession aggrave l’offre, sans apparaître dans un délai.
- Notre annuaire ne mesure pas l’offre réelle. Nous avons documenté 15 cabinets et services genevois, répartis entre Genève, Carouge, Chêne-Bourg, Meyrin, Onex et Vernier : ce sont ceux qui publient leurs coordonnées, pas tous ceux qui existent. Aucune statistique fiable d’effectifs par canton n’est publiée.
Obtenir une première séance vite : ce qui marche
Neuf leviers, du plus efficace au moins évident. Aucun ne garantit une place, mais ils sont tous réels.
Prendre rendez-vous avant l’événement
Après une opération programmée, le créneau se réserve avant l’entrée en clinique. La première séance doit avoir lieu dans les cinq semaines suivant l’ordonnance : c’est la contrainte la plus facile à anticiper et la plus souvent ratée.
Appeler trois cabinets le même matin
La liste d’attente d’un cabinet ne dit rien de celle du voisin. Comparer trois secrétariats prend dix minutes et divise le délai par deux ou trois.
Chercher plus loin que son quartier
Pour dix à vingt séances, vingt minutes de trajet deviennent acceptables, surtout en transports. Filtrez l’annuaire par localité voisine plutôt que par distance.
Cibler le motif plutôt que le cabinet
Un centre généraliste saturé refuse souvent ce qu’un cabinet spécialisé accepte. Pour un vertige, un lymphœdème ou un périnée, chercher par spécialité ouvre des portes que la recherche par localité ne trouve pas.
Demander la liste d’attente
Beaucoup de cabinets rappellent quand une place se libère. La laisser en début de semaine, quand les annulations tombent, est le moment où ça marche le mieux.
Regarder du côté de l’hôpital
Les services hospitaliers genevois ont des filières propres, parfois plus rapides pour un motif précis : rééducation post-chirurgicale ou neurologique à l’Hôpital de La Tour, pédiatrie aux HUG. Voir le comparatif des structures.
Demander le domicile si vous êtes immobile
2 cabinets genevois de notre annuaire déclarent se déplacer. Le créneau est souvent moins disputé qu’en cabinet, et le praticien voit votre environnement, ce qui change une rééducation chez une personne âgée.
Faire préciser l’urgence sur l’ordonnance
Le médecin qui écrit « à débuter rapidement » ou deux séances par jour change la façon dont un secrétariat vous place. La limite de deux séances quotidiennes existe, à condition d’être prescrite.
Prévenir plutôt que rester bloqué
Une ordonnance non utilisée dans les cinq semaines est caduque. Si vous ne pouvez pas venir, annulez et refaites signer : un cabinet qui garde votre créneau sans vous avoir est une place perdue pour quelqu’un d’autre.
Vous tenez un agenda et vous voyez la réalité des délais ?
Nous publions cette page parce que le trou de données existe. Si vous êtes secrétaire ou indépendant et que vous acceptez de nous donner un ordre de grandeur honnête, sans promettre une place, nous l’indiquerons en citant ce que vous nous aurez dit.
Témoigner d’un délaiSources
- Physioswiss – Accès direct à la physiothérapie, projet pilote annoncé le 20 août 2026
- Physioswiss – Pénurie de personnel qualifié, enquête du 3 novembre 2025
- Parlement suisse – Postulat sur l’accès direct à la physiothérapie (mars 2026)
- Obsan, « Personnel de santé en Suisse – Rapport national 2021 », pour la couverture de ~50 % des besoins.
- Cabinets déclarant se déplacer à domicile : lecture de notre jeu de données, lui-même repris des sites des cabinets.
Les délais d’attente eux-mêmes : aucune source, et c’est le sujet de cette page.