Comment lire cette page
Pour chaque motif, trois choses : ce que le patient amène, ce que la physiothérapie peut raisonnablement viser, et où elle s’arrête. Les chiffres entre parenthèses comptent les cabinets de notre annuaire qui mentionnent ce champ sur leur propre site. Ils mesurent notre collecte, pas l’offre genevoise.
Un point de méthode, d’abord. Nous avons construit cette page à partir des fiches de 15 cabinets genevois, et le constat saute aux yeux : les champs généralistes, thérapie manuelle ou sport, reviennent le plus souvent (7 et 6 cabinets sur 15), alors que très peu de cabinets écrivent « vertiges » (aucun), « périnée » (deux) ou « neurologie » (deux). Or ce sont les motifs où l’orientation compte le plus. Chercher un cabinet par spécialité plutôt que par proximité est le meilleur conseil que nous puissions donner, et notre annuaire le permet.
Le dos et le rachis
C’est le motif n°1 en volume, et celui où les attentes sont les plus mal calibrées. Une lombalgie commune, sans signe d’alerte, n’est pas une lésion à réparer : dans la grande majorité des cas elle cède d’elle-même en quelques semaines. Ce que la physiothérapie apporte, c’est la reprise du mouvement, la reprise de confiance dans le dos, et la réduction du risque de rechute, par l’exercice et la progressivité. Elle n’apporte pas de repos prolongé, qui est aujourd’hui contre-productif.
Ce qui relève d’abord d’un médecin : toute douleur de dos accompagnée d’une faiblesse qui progresse, de troubles urinaires ou intestinaux, d’une perte de sensibilité autour du bassin, de fièvre, d’une perte de poids inexpliquée, ou survenant après un traumatisme ou chez une personne ayant des antécédents de cancer. Ces signes-là ne se traitent pas en cabinet de ville.
Le mouvement est le traitement
Exercice thérapeutique, renforcement progressif, éducation à la douleur, thérapie manuelle en appui : c’est la trame commune aux fiches que nous avons lues. Le dosage et la progressivité priment sur la technique employée.
L’imagerie systématique nuit
Beaucoup de patients arrivent avec une IRM ou une radiographie. Or les anomalies banalisées, protrusions, discopathies, arthrose, sont fréquentes chez les gens qui n’ont pas mal, et une image inquiétante peut aggraver une douleur qu’elle n’explique pas. Si on vous a « trouvé une hernie », la question utile est de savoir si elle explique ce que vous sentez.
2 cabinets genevois de notre annuaire citent explicitement le dos, les lombalgies ou les cervicales dans leurs spécialités.
L’épaule, le coude, la main
L’épaule douloureuse est le motif où les patients décrochent le plus vite, parce que la progression y est lente et l’amplitude articulaire longue à reprendre. Deux réalités pratiques : une épaule qui bloque en élévation active demande une évaluation médicale avant toute mobilisation forcée, et une rééducation de coiffe après réparation chirurgicale se pilote avec le chirurgien, pas seule.
Pour la main et le poignet, le vocabulaire change : une de nos fiches genevoises mentionne la chirurgie de la main comme champ à part. C’est un domaine où la régularité des séances et les orthèses comptent plus que la technique employée.
2 cabinets genevois citent l’épaule ou le membre supérieur ; un centre de groupe déclare la chirurgie de la main comme axe propre.
Le genou, la cheville, la hanche
C’est le territoire où la physiothérapie est la plus outillée, et pour cause : il concentre la blessure sportive et la pose de prothèse. Trois configurations distinctes.
- Entorse de cheville. Courte, souvent suffisante, mais le retour au sport sans travail d’équilibre expose à la récidive. Le renforcement proprioceptif est là où la séance sert vraiment.
- Ligament croisé et ménisque. Après reconstruction, la reprise dépend de critères de force et de test, pas du calendrier.
- Prothèse de hanche ou de genou. Le service de l’Hôpital de La Tour, à Meyrin, annonce la rééducation post-chirurgicale parmi ses programmes. Pour une prothèse, c’est un travail de récupération précoce et de marche, souvent entamé à l’hôpital et poursuivi en ville.
Un cabinet genevois cite genou, hanche, cheville ou membre inférieur ; 6 mentionnent le sport dans leurs spécialités.
Après une opération
La rééducation post-chirurgicale est ce que la LAMal rembourse le plus mécaniquement, parce que l’ordonnance sort directement de l’hôpital. Deux points valent le coup d’être anticipés.
D’abord le délai. Une ordonnance couvre neuf séances et la première doit avoir lieu dans les cinq semaines ; une place libre trois semaines plus tard peut donc faire perdre un cycle entier. Demander un rendez-vous avant la sortie de clinique, et le confirmer la veille de l’opération, est le seul réflexe qui fonctionne vraiment.
Ensuite le lieu. Après une opération lourde, une prothèse complexe ou un accident, la rééducation en institution, avec plusieurs heures de soin par jour et plusieurs métiers autour du patient, n’est pas la même chose que douze séances en ville. Notre comparatif des structures liste les services hospitaliers genevois et ce qu’ils publient.
4 cabinets genevois mentionnent le post-opératoire ou la chirurgie dans leurs spécialités.
Neurologie et vertiges
C’est le champ où l’écart entre cabinets est le plus grand, et le moins visible depuis une fiche. Deux axes distincts.
Après un accident vasculaire, une sclérose en plaques, la maladie de Parkinson
La rééducation neurologique vise la fonction conservée et les compensations utiles, sur la durée. Dans notre annuaire genevois, 2 cabinets déclarent la neurologie : une structure de Chêne-Bourg et le service de l’Hôpital de La Tour, à Meyrin, qui annonce la rééducation neurologique. Un cabinet généraliste qui « fait aussi du neuro » n’offrira pas la même fréquence de séances.
Les vertiges positionnels
Bonne nouvelle, peu connue : le vertige positionnel paroxystique bénin, celui qui tourne quand on se retourne dans le lit, se traite souvent par des manœuvres de repositionnement que la physiothérapie vestibulaire pratique. Aucun cabinet de notre liste genevoise ne nomme les vertiges ou la rééducation vestibulaire sur son site ; deux citent l’équilibre, dans un cadre de gériatrie. Cela ne veut pas dire que personne n’en fait : c’est un motif où il faut poser la question au téléphone, car notre annuaire ne peut pas encore vous orienter.
2 cabinets genevois mentionnent la neurologie ; aucun ne nomme les vertiges ni le vestibulaire.
Périnée, grossesse, uro-gynécologie
Longtemps le parent pauvre de la physiothérapie, et aujourd’hui l’un des champs qui se sont le plus structurés. Incontinence à l’effort, suites de grossesse et d’accouchement, rééducation après chirurgie pelvienne, endométriose, douleurs pendant les rapports, préparation à la naissance : tout cela relève de la physiothérapie pelvienne et uro-gynécologique, avec des cabinets qui s’y consacrent presque uniquement.
Le champ est désormais porté par des groupes reconnus, pelvisuisse et l’ASPUG côté suisse, ce qui veut dire une formation identifiable plutôt qu’un à-peu-près. Dans notre annuaire genevois, 2 cabinets déclarent le périnée, le plancher pelvien ou l’uro-gynécologie : un cabinet de Carouge et le centre Physio Clinics de Plainpalais.
Deux obstacles pratiques, honnêtement : c’est un motif où l’on n’ose pas demander, alors qu’une prescription médicale s’obtient facilement pour ce motif ; et les séances demandent souvent une évaluation fine qui suppose un cabinet dédié plutôt qu’un roulement généraliste.
2 cabinets genevois mentionnent le périnée, le pelvien, l’uro-gynécologie ou la grossesse.
Respiratoire, cardiaque, oncologie
La physiothérapie n’est pas qu’orthopédique, et c’est le chapitre le moins connu du grand public.
Respiratoire. Désencombrement, réadaptation à l’effort, sevrage d’oxygène, BPCO. Une structure de Chêne-Bourg liste la physiothérapie respiratoire, à côté de la pédiatrie et de la gériatrie.
Cardiaque. Après un infarctus, un pontage ou une insuffisance cardiaque, la réadaptation se fait d’abord en institution puis en ville. Aucune autre fiche genevoise de notre liste ne la détaille : la question se pose au téléphone, ou à l’hôpital.
Oncologie. Deux versants : le drainage lymphatique dans les lymphœdèmes après traitement du cancer du sein, et la rééducation de l’épaule après chirurgie mammaire. Aucune fiche genevoise de notre liste ne détaille l’oncologie, ni le cancer du sein : à demander au téléphone ; deux cabinets citent le drainage lymphatique.
1 cabinet genevois mentionne le respiratoire ou le cardiaque ; 2 le drainage lymphatique.
Filtrer sur « Respiratoire et cardiaque » ou « Drainage lymphatique » →
Enfants et personnes âgées
Pédiatrie
Torticolis positionnel du nourrisson, retard des acquisitions motrices, scoliose, pied bot, suites de chirurgie orthopédique chez l’enfant. Deux niveaux d’offre : les cabinets généralistes qui listent la pédiatrie, et l’unité pédiatrique des HUG, qui fonctionne sept jours sur sept et prend en charge les troubles musculo-squelettiques, neuromusculaires et des organes internes. Pour une situation complexe, la différence de densité de pratique est considérable.
Gériatrie et prévention des chutes
Marche, équilibre, force des membres inférieurs, reprise après une fracture du col fémoral, maintien à domicile. Nouveauté à connaître : depuis le 1er juillet 2026, la prévention des chutes est une prestation explicitement inscrite à l’OPAS et donc remboursable sur prescription. C’est un levier neuf pour les familles, et presque aucun cabinet ne le mentionne encore sur son site.
La douleur qui dure
Au-delà de trois à six mois, la douleur change de nature, et la rééducation avec. Trois cabinets genevois de notre annuaire nomment explicitement la douleur chronique, et la douleur a son propre groupe de spécialité reconnu, la SIG.
Ce que cela change concrètement pour un patient : la séance ne vise plus seulement le tissu, mais la reprise d’activité malgré la douleur, le sommeil, la peur du mouvement et parfois l’arrêt d’un traitement. C’est un travail d’équipe, et un cabinet qui refuse ce type de dossier n’est pas forcément mauvais, il est peut-être simplement hors de son champ. Le demander au téléphone fait gagner du temps.
Ce que la physio ne fait pas
- Urgence vitale. Douleur thoracique nouvelle, déficit brutal, troubles sphinctériens, traumatisme récent, fièvre avec douleur de dos : le 144 ou un médecin, pas un annuaire.
- Fracture, plaie, entorse grave. Imagerie et avis médical d’abord. On ne rééduque pas une fracture méconnue, et une entorse bénigne ne nécessite pas les mêmes séances qu’une rupture ligamentaire.
- Maux de tête sans cause identifiée. Une céphalée d’effort nouvelle ou une cervicalgie avec signes neurologiques s’évalue médicalement avant toute manipulation cervicale.
- Prise en charge psychiatrique. La physio peut y contribuer, notamment en psychosomatique, mais ne remplace pas un suivi.
- Ce que la loi ne laisse pas faire. Sans ordonnance, pas de remboursement LAMal, quel que soit le dossier. Les règles sont ici.
Votre cabinet prend en charge un motif absent d’ici ?
La liste des champs vient de ce que les cabinets publient. Si le vôtre traite un motif que nous ne documentons pas, ou si vous estimez qu’une rubrique est inexacte, nous corrigeons et nous datons.
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