Techniques et approches

Le vocabulaire que les cabinets genevois mettent en avant, ce que chaque mot désigne, et où porter son attention plutôt que sur la liste.

Nous décrivons des pratiques, nous n’en évaluons pas l’efficacité. Aucun classement, aucune recommandation de technique pour un symptôme donné : cela dépend de votre évaluation.

D’abord ce qui compte vraiment

Les fiches que nous avons lues alignent souvent de longues listes de techniques. Cette abondance est trompeuse, et elle dessert le patient plutôt qu’elle ne le renseigne. Trois remarques avant le catalogue.

La première : dans le remboursement LAMal, la séance est un forfait (structure tarifaire 312, position 7301 pour la physiothérapie générale, 48 points). Le praticien est payé pareil qu’il vous ait manipulé vingt minutes ou prescrit douze exercices. Autrement dit, le catalogue de techniques n’est pas une promesse de temps passé.

La deuxième : les techniques d’un cabinet dépendent surtout de qui y travaille. Un centre de groupe genevois qui annonce dix physiothérapeutes et quatre langues n’offrira pas la même chose qu’un indépendant seul avec un appareil à ondes de choc. Demandez qui vous prend en charge, et depuis combien d’années.

La troisième : le levier réellement documenté dans la rééducation musculo-squelettique, c’est l’exercice dosé et progressif, répété entre les séances. Tout le reste, y compris les machines, est un appui. Méfiez-vous d’un cabinet où l’on ne vous donne rien à faire chez vous.

Le vocabulaire des cabinets genevois

Dans notre annuaire de 15 cabinets genevois, avec le nombre de fiches qui le mentionnent.

Thérapie manuelle 7 cabinets

Mobilisations et manipulations articulaires et des tissus mous, pratiquées à la main. C’est le socle historique de la profession, et le terme le plus galvaudé : il recouvre des écoles très différentes. Le groupe suisse qui porte la formation continue dans ce domaine est le SAMT.

À demander : quelle formation le praticien a-t-il suivie, et chez qui.

Exercice thérapeutique et MTT 1 cabinet

Renforcement, travail de stabilité, reprise de charge progressive. La MTT (medical training therapy) est une version protocolisée, sur machines, avec charges et angulations réglables, souvent utilisée en suite d’opération ou en réathlétisation. Certains cabinets l’associent à un espace de « fitness médical ».

À demander : est-ce que je repars avec un programme écrit et des séances encadrées.

Ondes de choc, Tecar, laser, cryothérapie 4 cabinets

Le rayon « appareil ». Ondes de choc radiales ou focalisées pour les tendinopathies d’insertion, Tecar pour la thermalisation des tissus, laser de faible puissance, cryothérapie compressive. Présents dans 4 cabinets sur 15, ces équipements servent d’appui à une prise en charge active, rarement comme traitement unique.

À demander : combien de séances sont prévues, et sur quel critère on les arrête.

Dry needling et taping 1 cabinet

Aiguilles courtes plantées dans un point contracture, souvent appelé trigger point ; kinesiotaping pour un effet proprioceptif ou de soutien. Deux pratiques répandues, et des niveaux de formation très variables d’un praticien à l’autre.

À demander : la formation suivie, et les contre-indications si vous prenez des anticoagulants.

Drainage lymphatique manuel 2 cabinets

Très loin du massage de détente. Technique manuelle lente, avec bandages compressifs, destinée aux lymphœdèmes, notamment après un traitement oncologique. C’est l’un des champs où la spécialisation du praticien change vraiment le résultat.

À demander : la méthode apprise (Vodder, Leduc, Földi) et l’expérience sur ce type d’œdème.

McKenzie, posturologie, Busquet, Mézières, RPG 1 cabinet

Approches globales ou segmentaires dites « posturales ». Le concept McKenzie est une méthode d’évaluation et de traitement par la douleur et le mouvement, plutôt outillée pour la colonne. Busquet et ses chaînes physiologiques, Mézières et la RPG relèvent d’une logique différente, plus globale et souvent plus longue.

À demander : sur quels critères concrets on juge que ça fonctionne.

Rééducation pelvienne et uro-gynécologique 2 cabinets

Périnée, post-partum, incontinence, préparation à la naissance, suites de chirurgie pelvienne. En Suisse, ce champ est porté par pelvisuisse et l’ASPUG, ce qui permet de vérifier une formation réelle plutôt qu’une ligne sur une plaquette.

À demander : si le praticien est formé via pelvisuisse ou l’ASPUG.

Rééducation vestibulaire aucun cabinet

Vertiges positionnels et troubles de l’équilibre, avec manœuvres de repositionnement et travail de regard et de marche. Aucun cabinet de notre liste genevoise ne le nomme sur son site : à demander au téléphone.

À demander : si le motif « vertige » est traité au cabinet ou renvoyé en ORL.

Balnéothérapie et hydrothérapie 1 cabinet

Travail dans l’eau chauffée, qui allège les appuis et autorise des mouvements impossibles à sec. Le centre Physio Clinics de Plainpalais l’annonce. C’est une ressource rare, et précieuse en rhumatologie comme après une chirurgie lourde.

À demander : la température du bassin et la durée réelle de la séance dans l’eau.

Réathlétisation et analyse du geste 6 cabinets

Retour au sport après blessure ou opération, avec tests de force, analyse de course, blood flow restriction, préparation spécifique au ski ou au golf. Trois pôles sport figurent dans notre annuaire genevois : PhysioSport K-Rouge à Carouge, le Centre de Physiothérapie du Sport La Colline et Physport. C’est le domaine où l’écart entre un cabinet généraliste et un pôle dédié est le plus grand.

À demander : quels critères objectifs déclenchent la reprise de l’entraînement.

Approches complémentaires 4 cabinets

Ostéopathie, acupuncture, craniosacral, réflexologie, shiatsu, Rolfing, hypnose, EFT. Leur présence dans un cabinet de physiothérapie n’est pas un problème en soi, mais ce sont des champs distincts, avec d’autres règles de remboursement : la plupart ne passent pas par la LAMal au titre de la physiothérapie. Ce que paient les complémentaires dépend de votre contrat.

À demander : qui pratique, sous quel titre, et ce que votre caisse rembourse pour cette prestation-là.

Faut-il choisir une technique en arrivant ?

Notre position

Non. Choisissez un praticien, pas une méthode

Venir avec « je veux des ondes de choc » ou « je veux du McKenzie » revient à prescrire avant l’évaluation. Un bon physiothérapeute vous dira laquelle de ses techniques il compte utiliser, pourquoi, et au bout de combien de séances il changera d’avis si cela ne fonctionne pas.

La nuance honnête

Sauf champ très spécialisé

Périnée, lymphologie, pédiatrie, vestibulaire, neurologie lourde : là, la formation du praticien compte plus que sa méthode, et chercher un cabinet explicitement spécialisé vaut le déplacement. C’est exactement ce que permettent les filtres de l’annuaire.

Une technique que nous ne documentons pas ?

Notre catalogue vient des fiches des cabinets. S’il manque une pratique que vous utilisez, ou si un libellé vous semble trompeur, écrivez-nous.

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Sources